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Suivre le fil

Hier, la météo, l’envie de souffrir un peu, et ce besoin d’air m’ont décidé à sortir le VTT. Pas le VTTAE, non. Le musculaire, celui qui ne te trahit jamais, sauf quand tes jambes décident de faire grève.


J’avais tracé la sortie la veille : une belle boucle partant de chez moi, mais par manque de temps (ou par excès de lucidité ?), j’ai finalement démarré depuis Saint-Palais. 30 km de moins sur le papier, 1000 mètres de D+ dans les jambes au final. Excellente idée : c’est ce qui m’a permis de rentrer entier, avec les deux jambes et une fierté intacte (ou presque).


La première partie se fait tranquillement, à travers les petites routes du Pays basque. Le bitume s'étire comme un prologue apaisant. Le genre de faux plat où tu crois que tout va bien, mais où ton cardio est déjà dans le rouge. Et au loin, un fil se dessine : celui du chemin sur les crêtes, cette ligne tendue qu’il va falloir suivre jusqu’au bout. Il suffit de lever la tête pour voir le chemin du retour, sur les crêtes.


La transition route-chemin est brutale. Un chemin de 4x4 trace tout droit, et les ornières ne laissent que peu de place au choix de la trajectoire. Puis l’herbe me chatouille les mollets pendant que les pierres essaient de me chatouiller les dents. Mais je souris, parce que là, au milieu de nulle part, la trace est belle, fluide, presque dansante.


Un troupeau de chevaux arrive en face, au galop sur le seul chemin étroit. Instant de réflexion rapide : moi sur mon vélo, eux en formation cavalerie lourde. Pas le temps de négocier, je me décale dans les fougères, version « s’il n’y a pas de chemin, il y en aura un ». Ils passent, majestueux et curieux de croiser un truc bizarre dans les fougères. Moi, j’ai perdu un peu de dignité, mais gardé toutes mes côtes. On appelle ça un bon compromis.
Le chemin reprend, toujours plus haut. Les crêtes m’offrent une vue à couper le souffle. Littéralement, parce que mon cardio n’a pas changé de zone, toujours dans le rouge. Le fil est là, sous mes roues, comme une ligne de vie qui m’emmène au sommet. Mais au sommet, justement, mes jambes ne répondent plus. Elles ne pédalent que dans les descentes, et encore, par politesse. Chaque montée devient une négociation, chaque relance une déclaration d’amour au braquet le plus facile.


Les derniers kilomètres sont un enchaînement de paysages sublimes et de pensées obscures : “Pourquoi je fais ça ?”, “Est-ce qu’on peut faire du stop à VTT ?”, “Si je m’allonge là, est-ce qu’on me retrouve ?”, « J’avais annoncé 2h30 de balade, ça fait 3h de lutte… ». Heureusement, le bitume réapparaît comme un vieil ami. Je descends sans toucher aux freins, le sourire aussi large que les crampes sont longues.


Le bilan ? Une sortie magnifique, au-delà de mes prévisions (et de mes limites), une trace superbe et ce fil invisible qui m’a guidé du début à la fin. Le genre de sortie qui t’épuise, te ravit, et te donne envie d’y retourner (en électrique ?) ou dès que tu peux à nouveau monter les escaliers sans grimacer.


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