Vous vous souvenez du BH ? Mon ancien compagnon de route, celui qui prenait la poussière dans le garage depuis que le 900S a débarqué. Je l'évoquais en passant, comme on parle d'un vieux ami qu'on a un peu mis de côté sans vraiment l'oublier.
Et bien le BH, il est de retour. Mais pas tout à fait sous la même forme.
L'idée de départ
Plutôt que de le laisser vieillir dans son coin, j'ai décidé de lui donner une seconde vie. Le principe était simple : graveliser un VTT. Pas le 900S, il est trop récent, trop bien dans sa peau de vélo XC pour qu'on lui fasse subir ça. Mais le BH, lui, il avait tout à gagner dans l'aventure.
Deux modifications principales. Rien de révolutionnaire, mais suffisamment pour changer radicalement la proposition du vélo.
Ce qui a changé
Les pneus
Exit les gros crampons qui roulaient comme des ventouses sur le bitume. Place à des pneus plus fins, plus lisses, taillés pour avaler aussi bien le chemin que la route. Le gain est immédiat et spectaculaire. Le vélo roule, il glisse presque. On retrouve une légèreté qu'on avait oubliée.
Le H-bar
C'est la modification qui change tout. Ce cintre multi-positions, large, avec ses cornes qui partent vers l'avant, transforme littéralement la posture sur le vélo. On peut varier les appuis, s'allonger sur les longues lignes droites, se redresser dans les montées. Les mains ne s'engourdissent plus. Les épaules soufflent. Sur les longues sorties, c'est une révélation.
Le résultat : excellent nulle part, capable de tout
Et c'est exactement ça qui est intéressant. Ce BH gravelisé ne sera jamais le meilleur dans aucune discipline. Il ne battra pas un vrai gravel sur la route. Il ne rivalise plus avec le 900S sur les singles techniques.
Mais il fait tout, sans rechigner.
Une piste forestière ? Il passe. Un chemin un peu défoncé ? Il encaisse. Une longue sortie sur route pour rejoindre le départ d'un trail ? Il avale les kilomètres sans se plaindre. C'est le vélo du dimanche matin sans prise de tête, celui qu'on sort quand on ne sait pas trop ce que la sortie va donner, celui qui s'adapte à l'humeur plutôt que l'inverse.
Il y a quelque chose de très libérateur là-dedans.
Finalement, c'est quoi un vélo passe-partout ?
C'est peut-être ça la vraie leçon de cette expérience. On cherche souvent le vélo parfait, celui qui excelle dans tout. Ça n'existe pas, on le sait. Mais un vélo capable de tout faire correctement, sans jamais vous mettre en difficulté, sans jamais vous freiner vraiment… c'est déjà énorme.
Le BH est devenu ce vélo-là. Celui qu'on ne présente plus, celui qui n'impressionne personne sur le papier, mais qui est toujours là quand on en a besoin.
Et honnêtement ? Je suis assez fier de lui avoir offert cette seconde vie plutôt que de le laisser prendre la poussière.
Péyo


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