La zone 4, cette inconnue
Il y a des zones d’entraînement qu’on connaît par cœur, et il y en a une qu’on croise sans jamais vraiment lui être présenté. Pour moi, c’était le Z4. Un vague voisin de palier entre le Z3 et le Z5, que je saluais poliment sans jamais l’inviter à dîner.
Mercredi, on lève le pied (vraiment)
La semaine a commencé par une petite sortie route en cruising tranquille, histoire de digérer le bloc précédent avant d’attaquer le suivant. Rien de spectaculaire, juste une cinquantaine de kilomètres à allure sage, le genre de sortie qu’on regarde à peine sur les données parce qu’elle a fait exactement ce qu’on lui demandait : rien de trop. Une bonne charge d’entraînement, digérable, posée là comme une transition plutôt que comme un événement.
Et c’est précisément le but d’une semaine de récup : ne pas avoir grand-chose à en raconter.
Le Z4, ce grand mal-aimé
Depuis le temps qu’on me répète qu’il faut du Z2 pour la fameuse “V’caisse”, pour progresser, pour gagner en vitesse sur la durée, j’avais fini par classer toutes les autres zones dans la catégorie “à éviter”. Résultat : le Z4 n’avait jamais eu droit à une vraie séance dédiée. Jusqu’ici, c’était surtout un Z2 qui avait mal tourné dans une montée, une zone que je ne regardais même pas quand la pente se redressait et que le GPS se mettait à biper parce que la fréquence cardiaque grimpait un peu trop vite à mon goût. Un incident de parcours, pas un objectif.
Alors pour inaugurer ce nouveau bloc, direction un segment Strava en montée, juste à côté de la maison. Le genre de repère qu’on ne regarde jamais vraiment jusqu’au jour où on décide d’en faire un partenaire d’entraînement régulier.
Quatre montées, une discipline
Quinze minutes d’échauffement pour rejoindre le pied de la bosse, et c’est parti. Première montée : on prend la température, on cherche le bon curseur, et on trouve un beau Z4 qui tient la route. Deuxième montée : cette fois on met un peu plus, jusqu’à ce que le seuil se rapproche dangereusement du Z5. Consigne du jour : Z4, pas plus. Alors on lève un peu le pied, le cœur redescend sagement, et on savoure quand même la sensation de s’être vraiment engagé dans la pente. Ça change des balades tranquilles, ça donne l’impression de bosser pour de vrai.
Redescente, un peu de plat pour faire retomber tout ça, et on remet le couvert pour deux montées supplémentaires, en forçant volontairement un peu moins pour rester dans le cadre fixé. Au total, quatre passages sur ce segment, dont un record personnel et un deuxième meilleur temps. Sans jamais avoir cherché la performance à tout prix : juste en tenant une zone, avec discipline, du début à la fin.
Retour tranquille, sentiment du devoir accompli
Une séance courte, environ une heure dix, une vingtaine de kilomètres et un peu plus de trois cents mètres de dénivelé, mais qui a suffi à remplir son rôle. Pas besoin de viser long pour que ça compte. Le trajet retour s’est fait sans forcer, avec cette satisfaction particulière des jours où on a fait exactement ce qu’on avait prévu, ni plus, ni moins.
Ce genre de séance devrait revenir régulièrement ces prochaines semaines : ce bloc s’organise par groupes de trois semaines, avec l’idée de gagner en puissance avant que l’hiver ne s’installe. On verra bien ce que ça donne, mais pour une première sortie dans cette zone si longtemps délaissée, difficile de faire un meilleur accueil.
À bientôt sur les chemins, en Z4 cette fois, promis.



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